Episode #5 – Le risque zéro existe

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Quand Tony Lamiche lance : « le risque zéro en montagne existe ! », cela prouve d’abord qu’il a un joli talent de provocateur (et de pédagogue) mais aussi que la gestion du risque en montagne est un sujet complexe ! Pas de mode d’emploi. Pas de vérité absolue. Alors que les marques vendent du fast&light et qu’un post Instagram peut peupler un pic, la montagne, elle, ne change pas. C’est un terrain hostile dans lequel nous devons être responsable. Trois guides aux profils très différents nous livrent leur vision et leurs conseils sur la gestion du risque…

« En montagne, en tant qu’alpiniste et guide, on est obligé d’être confrontés au risque, mais aussi de le gérer. On devient donc des gestionnaires du risque, c’est notre métier. On se doit de comprendre ce qui peut nous arriver en cas d’accident : soit à cause d’une menace, soit à cause d’une erreur. Il faut toujours se laisser du temps et de la marge pour garder un coup d’avance. La montagne est un terrain complexe, assez flou, mais qui reste clair pour ceux qui ont conscience du risque. Ils savent mettre l’accent sur ce qui est important de voir, au moment où c’est important de le voir. Et ça, c’est une chose qui s’apprend », explique Tony Lamiche qui vient de sortir sa webserie « Le Guide MicheLa », une petite révolution dans la façon de parler du risque en montagne.

Tony continue à cheminer dans son argumentation et insiste sur l’importance de l’intuition : « C’est quelque chose qui se perd complètement. De nos jours, on a besoin de concret, on apprends surtout à faire des choses techniques. Il nous faut du concret et des chiffres. Mais de savoir repérer la bonne menace au bon moment, ça ne s’apprend pas. C’est notre cerveau intuitif, notre cerveau d’indien qui est important. Il n’y a pas de codes en montagne, il faut avoir l’oeil. »

On n’interdit pas un escalier

Prenez un athlète professionnel signant une réalisation spectaculaire… il y a des chances pour qu’il prenne en réalité moins de risques qu’un amateur qui se sera engagé sur un chemin mal équipé et mal renseigné. Pour l’expliquer, Tony Lamiche compare la montagne à un escalier : « L’escalier en soi n’est pas un danger, il ne va pas nous tomber dessus ou nous faire tomber. Il représente le chemin que l’on a à parcourir. Quand on est assis en haut de l’escalier, à l’arrêt, on est en sécurité. Si personne ne nous pousse, on ne va pas tomber, on ne va pas rouler, on est en situation de tranquillité. A ce moment-là, le risque zéro existe, il n’y a aucune probabilité que l’on tombe. Mais à partir du moment où on se met debout, et que l’on marche dans cet escalier, on accepte de rentrer dans une zone à risque et de gérer le risque. Les probabilités pour que je tombe dans un escalier sont très faible si mon niveau technique est assez élevé, si l’escalier n’est pas savonneux, si je suis réveillé etc … Un enfant, lui, n’a pas le niveau de technique suffisant, on va le parer et mettre une barrière en haut. Une personne âgée, on va aussi l’accompagner parce qu’elle a moins de niveau physique donc plus de probabilités de tomber. Mais on ne va pas interdire l’escalier à un adulte parce qu’il pourrait tomber dedans. »

Lorenz Frutiger ©Mathis Dumat Lorenz Frutiger ©Mathis Dumat

Allez dehors !

Lorenz Frutiger, guide à Grindelwald en Suisse considère qu’il est important de laisser l’accès libre à la montagne pour faire ses premiers pas et apprendre la gestion du risque : « C’est important que tout le monde ait la possibilité d’aller en montagne et d’apprendre de ses erreurs. C’est comme ça que l’on progresse. Apprendre avec un professionnel permet de poser beaucoup de questions, de connaître son avis sur les conditions et sur certaines situations. Mais c’est en pratiquant qu’on apprend le plus, alors ouvrez les yeux et allez dehors ! ».

Sans oublier le temps… et la patience : « On ne peut pas apprendre de notions fixes sur la gestion du risque car c’est trop complexe. Il faut surtout passer beaucoup de temps en montagne. Ce qui change la donne lors d’un accident, c’est peut être la dynamique entre les personnes présentes à ce moment-là, mais ce sont aussi les conditions et la météo. Moi, je suis guide depuis 16 ans maintenant, et toute l’année, à toutes saisons, je continue d’apprendre des choses. Ca ne finit jamais ».

Le rôle des marques

Les fabricants de matériel de montagne ont innové en allégeant et en rendant plus simple et plus efficace l’utilisation de tous les outils nous ouvrant les portes de la montagne (vêtements, chaussures, cordes, crampons, quincaillerie, sac à dos, etc.). Ont-ils une responsabilité ? Tony Lamiche en est convaincu : « Cette problématique s’est très vite posée. Les marques proposent du matériel, mais il faut l’accompagner avec de l’éducation. Nous avons réfléchi à cette question avec Romain Raisson, qui a eu les mêmes questionnements au sein de Salomon dans la catégorie Freeski. On voit des vidéos avec des gens qui envoient en montagne avec notre matériel, sans forcément avoir de bonnes connaissances de la montagne. Alors nous avons monté des formations et créé du contenu pour essayer d’éduquer. S’il est important que la marque s’implique, elle ne doit être la seule : les consommateurs doivent se questionner sur leur propre implication ».

Marque, pratiquants mais aussi athlètes : chacun a sa part de responsabilité dans la gestion du risque. Prenez Michel Lanne, traileur de haut (et grand) niveau, guide et secouriste au PGHM. Il est en première ligne sur la question : « On ne peut pas balancer de nouvelles tendances ou de nouveaux produits comme la Fast & Light et dire « on vous pose ça là, débrouillez-vous ». Au même titre que moi en tant qu’athlète, je ne peux pas poster des images de moi courant sur des arêtes sans ajouter de message de sécurité. Sans expliquer pourquoi j’ai pris tel matériel, pourquoi je vais à tel endroit, ce jour précis, à cette heure précise. Nous, athlètes, nous sommes là pour vous dire que même si cette paire de ski est géniale et qu’elle vous permettra de sauter de super barres rocheuses, il vous faudra apprendre à sauter la barre rocheuse. »

Au-delà du sourire, la formule de Tony sur le risque zéro doit nous amener à réfléchir à la question du risque en montagne : Comment l’apprendre ? Comment progresser ? Comment adopter un comportement responsable ?

Texte : Anouchka Noisillier et Guillaume Desmurs


Cet épisode a été créé avec le soutien de Salomon
Tony Lamiche est un athlète Salomon, et sa web-série, « Le Guide MicheLa », est un bijou de pédagogie. Elle permet d’exposer plusieurs points de vues pour répondre aux interrogations autour de nos pratiques en montagne. Ouvrir le débat, échanger et essayer de comprendre nos comportements et nos prises de décisions en milieu « outdoor ». A découvrir ici !

 

 

Formez-vous aux bons réflexes !

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Mais aussi… L’ANENA, la Chamoniarde, le bureau des guides près de chez vous, le CAF, la FFME, etc.

Episode #4 – Alpinisme et parapente se redécouvrent

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Quand le parapente a décollé dans les années 80, il a tout de suite intéressé les alpinistes. Mais ce n’est que depuis une dizaine d’années que les deux s’hybrident vraiment. Un allègement radical du matériel et la révolution du fast&light sont passés par là. Aujourd’hui, les alpinistes prennent la voie des airs pour changer de perspective, découvrir une autre façon de parcourir la montagne et inventer des itinéraires innovants.

Julien Irilli est un excellent alpiniste doublé d’un pilote de parapente de haute-altitude hors-pair. Il représente l’hybridation la plus aboutie des deux pratiques. « Le mariage entre l’alpinisme et le parapente a commencé assez tôt, dans les années 80, avec l’émergence de tous les sports de montagne un peu fun. A l’époque, les gars c’étaient des touche-à-tout, des énervés dans tout ce qu’ils faisaient. Le parapente est donc survenu comme un moyen logique pour redescendre des hautes montagnes. Ceux à l’époque qui tournaient beaucoup dans l’alpinisme et le parapente étaient des gars comme Jean-Marc Boivin ou Christophe Profit. Ils ont fait connaître cette discipline en haute montagne, parmi les alpinistes ».

Ce qui inspire Julien chez ces grandes figures de la montagne, inventeurs du paralpinisme (le terme consacré… et pas très heureux) c’est « le fait qu’ils étaient aventuriers et qu’ils découvraient. Ils voulaient vraiment utiliser tous les moyens possibles pour parcourir la montagne. Ils étaient culottés, parce qu’avec le matériel de l’époque, ce n’était pas rien que d’essayer de décoller de certaines montagnes avec des ailes qui étaient si peu enclines à décoller et à gonfler ».

Clément Latour, parapentiste de haut-niveau et directeur commercial du fabricant annécien de parapentes Sup’air, revient sur les évolutions radicales qu’a connu le matériel de parapente en dix ans : « c’est entre 2008 et 2010 qu’on s’est mis à faire du plus léger. On a d’un côté les fabricants de tissus qui nous offrent des tissus de plus en plus léger et performant. On a aussi tout le travail de conception, qui grâce à ces nouveaux matériaux, permet de concevoir des parapentes finalement plus légers et plus compactes. Ils deviennent alors d’un seul coup des outils très intéressants pour des alpinistes. Les alpinistes ont toujours regardé le parapente comme un outil pour redescendre des montagnes. Mais ce n’était pas forcément envisageable à cause du poids, du volume et des performances du matériel à l’époque. Ils ont toujours été demandeurs d’innovations, et petit à petit, grâce à ces nouveaux matériaux, on commence à entrevoir de nouvelles possibilités ».

Alors qu’une voile-sellette pesait une petite dizaine de kilos il y a dix ans, aujourd’hui, à niveau de performance égal, il existe des voiles-sellettes qui pèsent moins d’1,5 kg : « ces voiles tiennent dans 1,5 litre de volume. Elles tiennent donc grosso modo dans une banane. Pour comparer à ce qui se faisaient avant, on se retrouvait avec une voile qui pesait entre 5 et 7 kilos, accompagnée d’une sellette de 4 ou 5 kilos. On était donc sur un total de 13kg et il n’existait rien de plus léger ».

Un exemple frappant de cette évolution est ce parapente de moins d’un kilo (autant dire : ultra-ultra léger) qui annonce de bien belles hybridations entre les sports outdoor.

Si les voiles et sellettes ont perdu des grammes, c’est aussi vrai pour tout le matériel de montagne : l’allégement des chaussures, des piolets et des sacs à dos ouvre de nouvelles possibilités aux alpinistes, s’enthousiasme Julien Irilli. « Le matériel que j’utilise dans mes enchaînements se rapproche du matériel d’un traileur. Je n’ai donc maintenant que du matériel dérivé de la course à pied et du trail : je mets des vestes avec membrane qui ne font même pas 100g. Je cours avec des chaussures de trail Sense, des chaussures adaptées à la course à pied et avec des bâtons en carbone. Je gagne du poids et de la facilité d’utilisation en supprimant l’encombrement. Cette solution est donc hyper intéressante, et je gagne même de l’isothermie parce que ces produits sont parfois plus chauds que ce que nous avons traditionnellement l’habitude d’utiliser lors de la pratique de l’alpinisme ».

Christophe Dumarest, alpiniste professionnel et guide de haute montagne a pris la voie des airs il y a une année. « Le parapente amène du fun. Il amène des images, de la vitesse et du ludique. Faire un pas dans le vide et aller vers quelque chose de nouveau, que je ne connaissais pas. Aller vers de nouveaux enseignements et de nouvelles pratiques, pour sortir un peu de ma zone de confort. Je voulais aussi m’ouvrir à ce monde très étonnant qu’est celui de l’air. C’est pour moi une nouvelle dimension de la montagne et de l’aérologie et même de la météorologie ».

Le parapente lui « a permis de redécouvrir les sentiers de la maison, en profitant de la proximité de mon lieu de vie autrement. Je pense que je n’ai jamais autant marché et autant sillonné les chemins de moyenne montagne que depuis que je fais du parapente. Et accessoirement ça m’a permis de gagner une très bonne condition physique. Ça permet aussi de redescendre vers le ‘monde d’en bas’ presque de manière instantanée ! S’échapper plus vite de la montagne par les airs, réduit parfois considérablement le temps de présence dans des environnements qui sont quelquefois hostiles, dans lesquels il peut y avoir des dangers ».

©Christophe Dumarest

Pour bien comprendre comment ces athlètes utilisent les nouvelles possibilités qui leurs sont offertes, il suffit d’écouter Julien Irilli raconter l’un de ses récents trips mixant alpinisme et parapente : « Ce périple m’a fait partir de Chamonix vers 8h du matin. J’ai décollé à l’Aiguille du Midi, je me suis posé au pied de la face Nord des Grandes Jorasses, à midi j’étais à l’attaque de la voie. A 15h30 j’étais en haut. J’ai pu boucler la boucle en quelques heures en redécollant de nouveau pour me poser à Chamonix. Tout ça grâce au matériel moderne qui nous permet de nous déplacer rapidement ».

Texte : Anouchka Noisillier et Guillaume Desmurs


Cet épisode a été créé avec le soutien de Salomon
– La montagne light & fast –
Julien Irilli, alpiniste et parapentiste professionnel et athlète Salomon, exprime l’approche multi-sport, créative et surprenante, du sport outdoor de haut-niveau moderne. Pour pratiquer sa passion, Julien utilise le matériel le plus léger et le plus performant que Salomon conçoit pour la montagne et le trail running.

Un peu de lecture

Cette thématique est reprise dans le très bon MKSport #8


Archives

Parapente Mag
Il y a 30 ans, le 26 septembre 1988, Jean-Marc Boivin était le premier homme à décoller de l’Everest

Episode #3 – Business de l’outdoor et développement durable : sont-ils compatibles ?

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La réponse est : pas vraiment. Et ce sont des spécialistes qui le disent. Le développement durable a beau être l’un des thèmes principaux de la communication des marques d’outdoor, la réalité est têtue. Il faudrait un changement radical pour que business de l’outdoor et développement durable soient vraiment compatibles…

Le textile serait, selon certaines études, la deuxième industrie la plus polluante au monde après le pétrole et ces dernières années des rapports ont pointé du doigt la pollution directement liée aux vêtements outdoor. L’industrie de l’outdoor a réagi, ayant bien conscience que son terrain de jeu devait être préservé. Mais entre le green washing (comme par exemple ce duvet recyclé qui fait trois fois le tour de l’Europe et deux fois le tour du monde) et les actions concrètes (l’allongement de la durée de vie des vêtements grâce à la réparation), il est difficile de s’y retrouver. Et surtout, on ne pose jamais la question qui fâche : le business de l’outdoor n’est-il pas en train de courir derrière le mirage du développement durable ?

Réparation du zip par une couturière dans les ateliers de réparation Green Wolf. ©Nathalie Ecuer
Réparation du zip par une couturière dans les ateliers de réparation Green Wolf. ©Nathalie Ecuer

Benjamin Marias, membre de l’agence Air Coop et consultant sur la question auprès de nombreuses marques de l’outdoor, estime que : « le modèle économique tel qu’il est fait aujourd’hui n’est clairement pas compatible. Produire autant de produits à l’avance, les envoyer à l’autre bout du monde, les vendre le plus massivement possible (…) ce n’est pas suffisant ».

De plus, aujourd’hui, la plupart de nos actions se résument à la réduction de nos impacts écologiques, ajoute-t-il. La clé est de passer d’une économie de réduction d’impact à une économie créatrice d’impact positif. Il cite l’exemple de Grown Skis, fabriqués à partir de chanvre et de bois, cultivés en Italie et produit en Allemagne. « Ici, le ski est régénérateur dans le sens où lors de sa fabrication, le chanvre capte plus de CO2 que le ski n’en émet ».

Le changement ne pourra venir que d’une modification du modèle de production globale et pas seulement à l’échelle de l’outdoor, car selon Benjamin, « c’est possible de mettre au coeur de son modèle économique une dimension écologique et sociale. Sans vision, on continuera à suivre le chemin sur lequel on est ».

Sur le GR20, vallée d'Asco en Corse. ©Guillaume Desmurs
Sur le GR20, vallée d’Asco en Corse. ©Guillaume Desmurs

« Je fais le constat un peu amer que nous sommes une génération d’écolos et de responsables développement durable qui a collectivement failli à sa tâche. Il n’y a pas de radicalité dans les mesures mises en place. On est devenus très bons à être mauvais », renchérit Stewart Sheppard, consultant en développement durable pour le fabricant Gore-Tex.

Sustainability vs Outdoor industry - Stewart Sheppard
Sustainability vs Outdoor industry – Stewart Sheppard

Selon lui, même le recyclage n’est pas efficace, car « on a beaucoup de difficultés à recycler. Il existe des initiatives qui sont très intéressantes, au niveau des chaussures, des vestes, avec des marques qui font des trucs géniaux, mais on est de l’ordre de 1% de recyclage, voire 0,1% par rapport au volume global de production du produit. Aujourd’hui on n’arrive même pas à recycler tout ce qu’on produit en tant que déchets ». Une belle histoire à raconter mais un effort infime par rapport à la quantité de matériaux utilisée. « Nous ne sommes même pas capables de recycler nos déchets », ajoute-t-il.

 

Schéma 2 Solutions - Stewart Sheppard
Schéma 2 Solutions – Stewart Sheppard

Du côté des solutions, il suggère aux marques de se questionner sur la possibilité de rester profitable sans pour autant être obligé d’accroître la production, avec des solutions de locations ou de leasing de matériel. Le consommateur, lui, peut suivre cette petite philosophie de poche : « acheter moins, payer un peu plus et garder plus longtemps« . Stewart se base sur une étude de l’université de Cambridge qui estime que si on gardait nos vêtements neuf mois plus longtemps, cela aurait un impact positif sur l’environnement.

Garder ses vêtements plus longtemps est aujourd’hui la solution la plus simple et la plus efficace à notre portée à tous. Fabrice Pairot de Fontenay le sait bien puisqu’il a crée l’atelier Green Wolf, situé à Servoz (près de Chamonix), où il répare avec son équipe de couturières les vêtements techniques. « On a participé à une étude qui visait à évaluer si l’aspect réparation était plus intéressant que l’échange et la vente. C’était une étude très large parce qu’elle touchait plusieurs secteurs dont l’automobile. Il était clairement montré que plus on fait durer son vêtement plus réduit son impact sur l’environnement, c’est aussi simple que ça ».

Green Wolf assure le service après-vente de grande marques (mais aussi pour les particuliers) pour donner une seconde vie à une veste en parfait état dont seul le zip est cassé, par exemple. En moyenne, il assure plus de 200 réparations par mois, avec un pic de commandes en hiver. « La plus grande fierté qu’on peut avoir, c’est l’évolution – de mentalité – des marques. Au départ quand une marque venait nous voir, elle pensait qu’il n’y avait que quelques éléments de réparable dans un produit, puis on lui disait ‘mais ça aussi c’est réparable, il ne faut surtout pas le jeter !’ Il n’y a quasiment pas de limites à la réparation« .

Dans l'atelier de réparation Green Wolf. ©Nathalie Ecuer
Dans l’atelier de réparation Green Wolf. ©Nathalie Ecuer

Liv Sansoz est une alpiniste professionnelle et active dans l’association Protect Our Winter : elle est au coeur de notre problématique. Comme elle le montre au quotidien, elle estime que chacun doit agir à sa mesure. « J’ai envie d’être optimiste et dire que oui, ça sera possible dans une certaine mesure. Mais globalement, tant qu’on envisage de faire du profit, on ne s’inscrit pas dans quelque chose de durable. Je pense qu’il y a des gens qui vont faire évoluer les choses et j’ai envie de croire qu’on va pouvoir aller vers quelque chose de plus durable, avec moins d’impact et que tout le monde s’en portera mieux. On vit dans un monde qui ne va pas dans le bon sens et qui en plus s’accélère. Là on a déjà dépassé des seuils irréversibles.

Je ne peux qu’encourager les amoureux de la montagne et de la nature à faire ce qu’ils peuvent, parce que ne rien faire c’est être complice, par défaut ».


Cet épisode a été créé avec le soutien de Salomon

« Ce qui nous motive, c’est d’enrichir la vie des gens en leur permettant de jouer dans la nature.
Nous menons une vie trépidante où il est bien souvent difficile de se ménager des moments de jeu. Chez Salomon, notre modeste contribution à ce défi consiste à inciter les gens à prendre du temps pour jouer (« Time to Play »). Nous sommes joueurs, mais nous sommes conscients que nous devons jouer de manière responsable.

Ce sentiment de responsabilité nous pousse à nous engager envers :
• Les Joueurs, qui sont l’essence même de nos communautés.
• Les Meneurs de jeu, qui rendent nos jeux possibles en imaginant, en concevant et en fabriquant nos jouets.
• Le Terrain de jeu, où nous vivons nos expériences et qui doit donc être entretenu et protégé.
• Les Jouets, les produits qui nous permettent de vivre ces moments de joie et d’expression et que nous nous efforçons de créer en restant fidèles à nos valeurs.

Tout cela renforce notre volonté d’instaurer un programme de durabilité avec des objectifs clés pour 2025.
Notre priorité : l’information.
Notre but est de transmettre des connaissances, des solutions et de l’€inspiration pour jouer dans la nature de manière plus responsable. »
+ d’infos…

Découvrez les aventures de Liv Sansoz ici

 

Quelques chiffres pour aller plus loin dans la réflexion

L’industrie textile

70% de notre garde-robe ne serait pas portée… Un gaspillage très nuisible sachant que, selon une étude britannique, nous achetons environ 20 kilos de vêtements neufs chaque année et que chaque article contribue à hauteur de 20 fois son poids aux gaz à effet de serre.

700 000 tonnes de vêtements consommés en France chaque année.

80 milliards de vêtements sont fabriqués chaque année dans le monde.

12 kilos de vêtements sont jetés tous les ans par chaque Français.

Pollution

70% des cours d’eau en Chine sont pollués à cause de l’industrie textile. Sur son site, l’ONG Greenpeace rappelle que les substances provenant des textiles et rejetés dans l’environnement pendant la fabrication du vêtement sont bien souvent toxiques

70 millions de barils d’essences sont nécessaires pour la production de polyester chaque année.

1 cargo de transport de marchandises = 50 millions de voitures

2500 litres d’eau sont consommés pour fabriquer un tee shirt de 250 grammes.

10% de la consommation mondial de pesticides est engloutie par la production de coton.

S’engager pour le futur

Programme "ACT for the Outdoors" de OSV
Programme « ACT for the Outdoors » de OSV
10 pistes pour réduire notre impact environnemental
10 pistes pour réduire notre impact environnemental
Article Forbes Polartec
Awayco - Location de matériel outdoor
Awayco – Location de matériel outdoor
The Intercept - A message from the future
The Intercept – A message from the future

Episode #2 – Le ski de rando, retour aux sources

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Le ski de randonnée a pris une trace surprenante depuis environ cinq ans. Les équipementiers fabriquent du matériel innovant, plus léger, plus agréable, plus confortable. Les domaines skiables ouvrent des itinéraires balisés et sécurisés pour s’initier.

Ainsi, la randonnée change de visage, devient plus accessible, avec un vrai plaisir de glisse. Des nouveaux arrivants découvrent les plaisirs de la montée et cela se reflète sur les chiffres du marché de la randonnée, qui connait des croissances annuelles à deux chiffres, alors que le ski alpin stagne.

© Guillaume Desmurs
© Guillaume Desmurs

Le boom de la randonnée reflète sans aucun doute une tendance sociétale de sport-santé et de recherche de bien-être.

« Tout tourne autour du bien-être, j’appelle ça les hipsters outdoor »,
explique Enak Gavaggio, randonneur à ses heures perdues.

Bien sûr, le ski de randonnée est l’origine du ski, à l’époque où il n’y avait pas de remontées mécaniques il fallait bien remonter les pentes à la force des mollets.
Aujourd’hui, ce mode de déplacement revient en force modernisé, allégé, facilité.

Qu’est-ce qui motive ces nouveaux pratiquants de ski de randonnée ? Pourquoi cette petite révolution de la glisse se déroule-t-elle maintenant ? Quels sont les facteurs qui expliquent cette épidémie de lever de talon ?

© Nathalie Ecuer
© Nathalie Ecuer

Avec : Gino Decisier (créateur de Community Touring Club et de l’évènement Big uP& Down), Enak Gavaggio (skieur professionnel, co-créateur de Rancho), Romain Raisson (athlète professionnel et consultant pour Salomon), Christophe Lavaut (directeur de l’Office du Tourisme de Combloux), et les randonneurs de l’Echappée Rando (Bertrand, Romain, Christian).

Un podcast réalisé par Guillaume Desmurs, produit par Gino Decisier, avec Nathalie Ecuer (chef de projet), Jérémy Rassat (musique et mise en ondes) et Pierre Seydoux (illustrations).


Pour continuer l’expérience :

Community Touring Club est un écosystème dédié à faciliter l’accès à la randonnée : guide des stations, test matériel, reportages… Rejoignez la communauté ⇒ www.communitytouringclub.com

Débutant ou non, on se retrouve tous les mercredis à Combloux pour l’Echappée Rando.

Le Big uP&Down, c’est l’événement qui rassemble toutes les pratiques et tous les pratiquants de l’univers « ski de rando », ouvert à tous les niveaux (débutants ou experts), tous les ages.

Episode #1 – Qui est le néo-grimpeur ?

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Les salles urbaines de bloc sont en train de transformer l’escalade.
Utilisées auparavant comme terrain d’entrainement avant d’aller grimper en falaise, les salles d’escalades se modernisent, s’équipent et deviennent des lieux de vie avec restaurant, boutiques et ambiance conviviale. Une nouvelle génération arrive sur le terrain vertical, et n’a pas forcément envie d’aller grimper dehors…
A quoi ressemble ce néo-grimpeur ? Quelles sont ses motivations ? Comment l’escalade change-t-elle sous son influence ?

Avec Erwan Marjo (directeur de la salle Arkose Nation/Paris), Valentin Bon (Monsieur Conseil à Arkose Nation), Lucie Ini (pratiquante à Arkose Nation), Baptiste Dherbilly (ouvreur à Corti Grimpe/Annecy), Nicolas Pyanet (co-boss de Bloc-Trotters/Annecy, en photo ci-dessus).

Un podcast réalisé par Guillaume Desmurs, produit par Gino Decisier, avec Nathalie Ecuer (chef de projet), Jérémy Rassat (musique et mise en ondes) et Pierre Seydoux (illustrations).

A lire ou à relire:

« Arkose : une ascension éclair« , Le Point

Article Le Point Arkose 29 04 2019

« L’escalade indoor », MK Sport #5